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Lexique imprimerie : 60 mots pour lire un devis d’imprimeur

· 12 min de lecture · Par Adrien Darmon
Lexique imprimerie : 60 mots pour lire un devis d’imprimeur

Le lexique imprimerie peut sembler abscons au premier abord : CMJN, fond perdu, pelliculage, BAT… Ces mots apparaissent dans chaque devis, mais rarement expliqués. Nous avons rassemblé ici 60 termes qui reviennent dans les devis et les fiches produit, classés par thème, avec une définition courte et concrète. Que vous commandiez des Flyers pour un événement ou des supports plus élaborés, ce glossaire est un point de départ fiable.

Lexique imprimerie : les termes de couleur et de colorimétrie

La couleur est la première source de déception à la réception d’une commande. Comprendre comment elle fonctionne en impression évite la majorité des mauvaises surprises.

  • CMJN (ou CMYK) : mode colorimétrique utilisé en impression. Les quatre encres — Cyan, Magenta, Jaune, Noir — se superposent en points minuscules pour reproduire toutes les teintes. C’est le mode à utiliser dans votre fichier avant l’envoi.
  • RVB (ou RGB) : mode colorimétrique des écrans. Les couleurs y sont plus vives qu’en impression. Un fichier resté en RVB sera converti automatiquement, parfois avec un léger écart de teinte.
  • Quadrichromie : impression en quatre couleurs CMJN. La quasi-totalité des impressions courantes (flyers, cartes, affiches) est en quadrichromie.
  • Pantone : système de teintes standardisées référencées par un numéro. Utile pour garantir une couleur précise (un rouge corporate, par exemple) sur plusieurs supports et plusieurs commandes.
  • Profil ICC : fichier qui décrit comment un logiciel ou un périphérique gère les couleurs. Intégrer le bon profil dans votre fichier assure une conversion CMJN cohérente.
  • Densité d’encre : pourcentage total d’encre CMJN sur une zone. Au-delà de 300 %, l’encre sèche mal et peut maculer.
  • Teinte directe : encre de couleur préparée à part (une référence Pantone, par exemple), imprimée en plus ou à la place des quatre encres CMJN. Elle nécessite un canal dédié dans le fichier.
  • Blanc de soutien : encre blanche opaque imprimée sous les couleurs pour les rendre lisibles sur un support teinté ou transparent. Sans lui, le fond du support transparaît. Nous avons détaillé ce sujet dans l’article Le blanc n’existe pas en impression : ce que ça change pour vos stickers.
  • Surimpression (overprint) : option qui superpose une couleur à une autre au lieu de la découper. Mal utilisée, elle rend un texte transparent ou change sa teinte à l’impression.
  • Simulation presse : prévisualisation à l’écran qui simule le rendu en impression CMJN. Elle aide à anticiper les écarts entre ce qu’on voit sur écran et ce qu’on obtiendra imprimé.

Résolution, format et mise en page

Ces termes concernent la construction du fichier avant qu’il n’arrive chez l’imprimeur. Bien les maîtriser, c’est éviter la plupart des allers-retours sur le fichier.

  • Résolution (dpi / ppp) : nombre de points par pouce. En impression, 300 dpi est le standard pour obtenir une image nette. En dessous de 150 dpi, les images paraissent floues à l’impression même si elles semblent correctes à l’écran.
  • Format final (format de coupe) : dimensions exactes du document une fois découpé. C’est ce que vous tenez en main à la réception.
  • Fond perdu (bleed) : zone supplémentaire autour du format final, dans laquelle les couleurs ou images de fond doivent déborder. Elle compense les légères variations de coupe. La valeur requise figure sur chaque fiche produit.
  • Zone de sécurité (ou zone de réserve) : marge intérieure à l’intérieur du format final dans laquelle aucun texte ni élément important ne doit être placé, pour éviter qu’ils soient coupés.
  • Ligne de coupe (trait de coupe) : repère sur le fichier qui indique où la machine coupe. Elle n’est pas imprimée sur le document final.
  • PAO (publication assistée par ordinateur) : ensemble des étapes de conception et de mise en page réalisées sur ordinateur avant impression. InDesign, Illustrator, Affinity Publisher ou Scribus sont des outils PAO. Un traitement de texte n’en est pas un.
  • Gabarit (template) : fichier modèle fourni par l’imprimeur avec le format final, le fond perdu et la zone de sécurité déjà tracés. Le guide PAO : réussir ses fichiers d’impression explique comment l’utiliser.
  • Vectoriel : graphisme défini par des équations mathématiques plutôt que par des pixels. Il peut être agrandi à n’importe quelle taille sans perte de qualité. Les logos et les textes tracés sont idéalement en vectoriel.
  • Bitmap (ou raster) : image constituée de pixels. Elle perd en qualité si on l’agrandit au-delà de sa résolution d’origine.
  • Aplatissement : opération qui fusionne les calques transparents d’un fichier lors de l’export. Mal gérée, elle peut créer des traits blancs ou modifier des couleurs proches d’une zone transparente.

Formats de fichier et export

L’imprimeur ne reçoit pas votre fichier de travail natif : il reçoit un export. Le format de cet export conditionne la fidélité du résultat.

  • PDF/X : variante du PDF conçue pour l’échange de fichiers d’impression. Elle intègre toutes les polices, les profils ICC et les repères de coupe. PDF/X-1a et PDF/X-4 sont les deux standards les plus courants.
  • PDF/X-1a : format fermé, toutes les transparences aplaties, compatible avec la majorité des flux d’impression anciens.
  • PDF/X-4 : format plus récent, qui conserve les transparences et les calques. Préférable avec les logiciels actuels.
  • Polices incorporées : polices intégrées dans le PDF pour que l’imprimeur voie exactement les mêmes caractères que vous, même s’il n’a pas installé la police sur son ordinateur.
  • Tracé des polices (contour de caractères) : conversion de chaque lettre en forme vectorielle. Élimine tout risque de substitution de police, mais rend le texte non modifiable.
  • Compression avec ou sans perte : méthode de réduction du poids d’un fichier image. La compression avec perte (JPEG fort) dégrade les détails fins ; la compression sans perte (TIFF, PNG) les préserve.

Finitions et façonnage

Une fois la feuille imprimée, elle passe par plusieurs étapes avant de devenir le produit final. Ces termes désignent ces transformations.

  • Pelliculage : film plastique laminé sur la surface imprimée. Il protège l’encre et modifie l’aspect : brillant, mat ou Soft Touch®.
  • Soft Touch® : pelliculage mat avec une texture veloutée au toucher. Haut de gamme, souvent utilisé sur les cartes de visite et les couvertures.
  • Dorure : film métallique (or, argent, coloré) posé sur certaines zones du visuel. À chaud, il est pressé par un outil chauffé ; à froid, il se dépose sur une colle imprimée, sans outil.
  • Vernissage UV : vernis appliqué sur une zone précise ou sur toute la surface pour un effet brillant intense ou protecteur.
  • Vernis sélectif : vernis appliqué uniquement sur certaines zones du document (un logo, un filet), créant un contraste mat/brillant.
  • Rainage : rainure creusée dans le papier pour faciliter le pliage sans craqueler la surface imprimée, indispensable sur les papiers épais.
  • Pliage : façonnage du document en un ou plusieurs volets. Les pliages courants sont le pli simple (deux volets), le pli accordéon, en Z, et le pli roulé, en C (trois volets).
  • Découpe standard : coupe droite au format final après impression. La plus courante et la moins coûteuse.
  • Découpe à la forme (ou découpe spéciale) : découpe selon un contour non rectangulaire, réalisée à l’aide d’un outil de coupe dédié.
  • Perforation : série de petites incisions en ligne droite pour permettre un arrachage propre (coupon, ticket, bon).

Papier et supports

Le choix du support influence autant le rendu visuel que la durabilité du document. Voici les termes qui reviennent dans les fiches produit.

  • Grammage (g/m²) : poids d’un mètre carré de papier. Plus il est élevé, plus le papier est épais et rigide. Sur nos flyers, les papiers couchés vont de 115 à 400 g/m² ; les cartes de visite se commandent en 300, 350 ou 400 g/m² sur les papiers couchés.
  • Couché brillant : papier avec une surface lisse et brillante qui renforce l’éclat des couleurs et des photos.
  • Couché mat (ou demi-mat, silk) : surface lisse mais sans reflet. Plus facile à lire, plus élégant pour les textes longs.
  • Offset : papier non couché, légèrement texturé, proche du papier bureau. Plus naturel à l’œil, il absorbe davantage l’encre.
  • Recystar® Nature : papier issu de fibres recyclées, proposé notamment sur les flyers.
  • Recto / Verso : une face (recto seul) ou deux faces (recto-verso) imprimées.
  • Recto-verso tête-bêche : les deux faces sont imprimées dans des sens opposés (rotation 180°). Utile pour les calendriers ou les cartes à lire dans les deux sens.

Commande, vérification et livraison

Ces termes s’appliquent à la relation entre le client et l’imprimeur, du dépôt du fichier à la réception du colis.

  • Contrôle de fichier : vérification technique du fichier avant lancement. Chez BDX Print, nous contrôlons chaque fichier et signalons les anomalies avant de lancer la production.
  • BAT (bon à tirer) : validation formelle du fichier par le client avant impression. Chez BDX Print, il est gratuit et envoyé avant tout lancement. Une fois validé, la commande est lancée et les modifications ne sont plus possibles.
  • Imposition : organisation de plusieurs pages ou documents sur une même feuille d’impression pour optimiser la surface et réduire le gaspillage.
  • Impression groupée : regroupement de commandes différentes sur une même feuille. Réduit les coûts mais implique que la balance colorimétrique est optimisée pour l’ensemble du lot, pas pour un document isolé.
  • Tirage : nombre d’exemplaires produits d’un même document.
  • Surtirage : exemplaires supplémentaires imprimés au-delà de la quantité commandée. Certains imprimeurs les facturent ; d’autres les incluent. Vérifiez les conditions générales.
  • Délai de fabrication : temps entre la validation du BAT et l’expédition du colis. Il varie selon le produit, les finitions et la charge en cours. Chez BDX Print, la date de livraison estimée s’affiche avant le paiement, dans le configurateur.
  • Livraison incluse : le prix affiché comprend les frais de port. BDX Print livre en France métropolitaine, livraison incluse dans le tarif.

Ce que ce lexique ne fait pas

Ce glossaire couvre les termes les plus courants, mais il ne remplace pas les spécifications techniques propres à chaque produit. Les valeurs exactes — fond perdu requis, résolution minimale, formats de fichier acceptés — sont indiquées sur chaque fiche produit et dans le guide PAO : réussir ses fichiers d’impression. Si votre projet implique des finitions spéciales, des supports hors catalogue ou des volumes inhabituels, un devis sur mesure est plus adapté qu’une commande en ligne standard.

Enfin, ce lexique ne couvre pas les techniques d’impression spécialisées (sérigraphie, taille-douce, impression numérique grand format) ni les termes propres à l’édition ou à la reliure. Pour ces cas, le Centre d’expertise est le bon point de départ, ou une demande de devis directe.

Quelle est la différence entre RVB et CMJN ?

RVB est le mode des écrans : il mélange de la lumière rouge, verte et bleue pour produire des couleurs très vives. CMJN est le mode de l’impression : quatre encres (Cyan, Magenta, Jaune, Noir) se superposent sur le papier. Certaines teintes très saturées en RVB n’ont pas d’équivalent exact en CMJN, ce qui crée un écart visible à la réception si le fichier n’est pas converti avant l’envoi.

Pourquoi le fond perdu est-il obligatoire ?

Après impression, les feuilles sont coupées au format final. La coupe n’est jamais parfaitement précise au millimètre près : elle peut varier légèrement. Si la couleur de fond s’arrête exactement au bord du format, une fine bande blanche peut apparaître sur un ou plusieurs côtés. Le fond perdu — une extension de la couleur de fond au-delà du format — absorbe cet écart et garantit un bord net.

À quoi sert le BAT et peut-on l’ignorer ?

Le bon à tirer est la dernière étape de vérification avant lancement. Il permet de confirmer que le fichier est conforme : couleurs, textes, mise en page, repères. L’ignorer ou le valider sans le vérifier, c’est prendre le risque de recevoir une commande avec une erreur non détectée. Une fois le BAT validé, la production est lancée et aucune modification n’est possible.

Un fichier Word ou PowerPoint peut-il être envoyé à l’imprimeur ?

Techniquement, ces fichiers peuvent être convertis en PDF, mais ils ne gèrent ni le mode CMJN ni les fonds perdus. Les polices peuvent être substituées, les marges modifiées lors de la conversion et les couleurs décalées. Pour un résultat fiable, il vaut mieux retravailler le document dans un logiciel PAO (InDesign, Illustrator, Affinity, Scribus) ou demander un devis avec accompagnement à la mise en page.

Relire ce lexique avant de commander : un réflexe utile

Connaître les termes du lexique imprimerie, c’est gagner du temps à chaque étape de la commande. Pour aller plus loin sur la préparation des fichiers, le guide PAO : réussir ses fichiers d’impression détaille chaque point avec des exemples concrets. Et si votre projet sort du standard, n’hésitez pas à passer par notre Demander un devis : c’est le moyen le plus direct d’obtenir une réponse adaptée à votre besoin.

Adrien Darmon

Par

Adrien Darmon est le fondateur de BDX Print, imprimeur en ligne installé au Haillan, en Gironde. Il accompagne les TPE, PME, artisans et associations de la métropole bordelaise dans la création et l'impression de leurs supports de communication.

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